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A Carrot in Paris

Pierre & le Loup, et non pas l'inverse.

27 Août 2009 , Rédigé par NnewïaM Publié dans #Ecrits

Mes chers petits amis, aujourd'hui je m'en vais vous conter l'histoire de Pierre et le Loup ; rassurez-vous, pas trop loin, que ma voix porte un peu...

Pierre et le Loup est un conte comme les autres : un petit enfant, qui n'a absolument rien fait pour être connu, est connu et reconnu à la fin de l'histoire, c'est-à-dire qu'il n'en branle pas une et qu'il vole la vedette au véritable héros du conte.

Le canard.

Non, je déconne.

Allons-y, guys.

Un beau matin, petit Pierre ouvrit la porte du jardin et s'en alla dans les grand prés verts. En voici une belle entrée en matière, ou je ne m'y connais pas ! Un pauvre gamin de rien du tout, et pourtant pas ramoneur, sort de chez lui. Fascinating. Le paysage nous est ensuite décrit par un grand arbre sur lequel gazouille gaiement un petit oiseau. Il est à noter que, jusque là, tout est petit, sauf l'arbre. Dans l'imaginaire du lecteur, vous devez donc vous rendre compte que l'arbre jouera un rôle important, et que les deux protagonistes jusque là présentés sont attachants. Ce qui est bien peu de le dire, ah ah. Ahem.
Un canard arrive ensuite histoire de nous tenir au courant que Pierre n'est qu'un petit con qui n'a pas fermé la porte du jardin ; et je suis certaine que son grand-père le lui avait pourtant rappelé une bonne dizaine de fois ! La description du paysage se poursuit grâce à l'arrivée de cette tierce personne : un lac, au beau milieu du pré. Vert, le pré, je le rappelle, et avec un grand arbre. Il est à noter qu'un lac au milieu d'un pré n'est absolument pas cohérent, sauf si l'on considère la très grande affection du grand-père pour le canard, allant jusqu'à lui consacrer un pré, voire des dépôts votifs sacrificiels dans ledit lac. Non, je ne suis pas en pleines révisions et je ne fais pas d'archéologie.
En tant que volatiles, l'oiseau - qu'on s'amuse à rabaisser encore une fois en rappelant sa petite taille - et le canard s'entendent bien. Un trouble-fête s'approche alors... le Chat. Je mets une majuscule à Chat parce que j'aime bien les Chats. Le Chat, donc, n'est pas petit, mais c'est un voleur... Pierre, qui m'a l'air bien sectaire et peu darwinien, crie alors pour prévenir l'oiseau - qu'on prend en plus pour un con ! Le Chat a manqué sa cible, Pierre en est le responsable, j'aimerais que ça se sache dans les plus hautes sphères.

Le grand-père (pas de majuscule, il est vieux) apparaît enfin. Il devait être là depuis un certain temps, mais enfin il est vieux (je me répète, j'aime ça), il lui faut du temps. L'avantage de l'arrivée du grand-père, à ce stade-là du récit, est d'amener une troisième précision quant au paysage naturel de la scène : le pré est à proximité d'une forêt et, par conséquent, dangereux. Vieux et paranoïaque, ça fait beaucoup mais ça va ensemble. Ma théorie est la suivante : il est lent parce qu'il s'est fait bouffer une jambe par un Loup quand il était petit et que donc maintenant il flippe sa race quand il voit une branche. Projetant sa terreur ancestrale sur son petit-fils (non, il n'a pas peur de lui), il lui enjoint de rentrer tout de suite et d'avoir peur comme lui. Petit Pierre, lui, fait le brave : en réalité il est inconscient et légèrement débile. Grand-père ne se laisse pas faire et, malgré son grand âge, le ramène de force à la maison et ferme la porte du jardin à clé.

Il était temps ! Un gros Loup gris sort de la forêt au moment même où la porte se referme ! Le Chat, intelligent et vif comme l'éclair, grimpe dans l'arbre. Le canard sort de la mare, et là on ne comprend pas pourquoi. Il était à l'abri, peinard, il aurait pu plonger : ben non, il sort et, évidemment, il se fait bouffer. C'est con.
Résumé de la situation, au cas où nos pauvres esprits n'auraient rien compris : le Chat assis sur une branche - on peut l'imaginer se léchant une patte avec tout le détachement dont il est capable. L'oiseau est sur une autre, à bonne distance du chat bien sûr.  Le Loup, lui, fait le tour de l'arbre, pauvre créature apathique et décharnée.

Pierre, lui, est toujours aussi brave et con et, de l'autre côté de la porte du jardin, regarde tout cela. Il prend alors une corde et grimpe sur le mur. Il grimpe sur une branche de l'arbre qui, ô coïncidence ! s'étend jusqu'au mur... Dans l'arbre, Pierre parle à l'oiseau et lui demande d'aller voltiger autour de la gueule du Loup. L'oiseau s'exécute. Jeanne d'Arc inside, yeah. Le Loup, rendu fou par cette torture abjecte, les larmes aux yeux, tentait vainement de l'attraper afin d'avoir une maigre pitance...
Pierre, ce gros connard, a appris chez les scouts à faire un noeud coulant. Il met ses connaissances à profit et tire le Loup par la queue. La douleur atroce fait se demander à la gentille boule de poils ce qu'il a bien pu faire pour mériter cela... Pierre, très intelligent, attache la corde à l'arbre : chaque bond du Loup ne faisant alors que resserrer le noeud...

C'est ce moment précis que les chasseurs bourrés choisissent pour sortir de la forêt. On nous précise aimablement qu'ils suivaient les traces du Loup en tirant des coups de fusil en l'air : une fois le Loup en face d'eux, il ne leur reste plus de cartouches et ils rient bêtement. C'est un con, un chasseur, a fortiori dans un conte.
Il y a encore plus con. Pierre, pris de pitié pour la petite chose attachée à l'arbre, demande aux chasseurs de l'aider à l'emmener au jardin zoologique.
Un Loup. Sauvage. Au jardin zoologique. Je ne vois qu'une seule explication : Pierre a trois ans et est doué d'une force surhumaine quant aux noeuds coulants. CQFD.

B
ONUS TRACK : Ordre de la marche triomphale :
Pierre, tout content mais qui n'a pas tout compris ;
Les chasseurs bourrés, traînant le Loup complètement affamé et blasé de la vie ;
Le grand-père & le Chat : le grand-père, toujours atteint par son ulcère à l'estomac, grommelle dans sa barbe en se demandant ce qui se serait passé si Pierre n'avait pas attrapé le Loup ;
Le canard, dans le ventre du Loup qui l'avait avalé vivant tellement sa faim était grande...


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A Nonyme. (Hein ? A qui ?) 27/08/2009 12:13

(A ne pas confondre avec "Pierre et Loulou", drame post-aérien dans une ville festivalière effroyable). Pierre est vraiment un sale gosse. Attacher cruellement un loup pour le torturer, déjà tourmenté par un outil démoniaque : l'Oiseau ? C'est abject, et je demande la réclusion à perpétuité pour Pierre ainsi que l'espèce de piaf à la con. Quant au canard, il ira au coin.