Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
A Carrot in Paris

Le 8ème arrondissement, c'est chic, c'est hype. C'est cher.

28 Septembre 2009 , Rédigé par NnewïaM Publié dans #Coups de coeur

Dimanche 27 septembre, 15h50.

La salle Pleyel est remplie de gens bien habillés aux raclements de gorge intempestifs quand il s'agit de se faire remarquer vis-à-vis d'un confrère spécialiste qui passe plus loin. Julien est loin, dans l'arrière-scène, il a aussi l'air d'un alien que moi, ici.
Le deuxième balcon étant fermé, on m'indique une place au premier : tant qu'à faire... Je suis derrière le chef d'orchestre, une dizaine de rangs plus loin. Les deux harpes classiques me narguent allègrement tandis que pour me redonner une contenance je sors Les crimes de l'amour du compère Sade ; bien utile pour décourager toute tentative de discussion d'une voisine au parfum douloureusement fort.
15h55, la cloche sonne. Je range le livre injustement qualifié de sulfureux et attends. Lorsque les musiciens arrivent et s'installent, applaudissements polis. Ils ne sont pas la vedette, même s'il s'agit du London symphony Orchestra. Le violoniste soliste invité recueille une plus grande acclamation, mais sans plus. Le chef entre alors, tête légèrement penchée. Tonnerre d'applaudissements tandis qu'il s'installe à son pupitre.
Trente secondes interminables pendant lesquelles je ne suis pas la seule à retenir mon souffle. Littéralement. Cette impression qu'à la moindre respiration, le chef descendra de son estrade pour nous étrangler personnellement - sans le moindre bruit, toujours...
Les premières notes glissent tout doucement. La Mer, de Debussy. La demi-heure de l'oeuvre passe rapidement selon les saisons : on suit le marin dans la tempête au troisième mouvement en saluant les accalmies passagères ; les cymbales nous font entrevoir l'orage ; les harpes le mouvement de l'écume contre les rochers... Le thème amorcé à la fin du deuxième mouvement éclate subitement lors du finale, et c'est la fin.
Le silence mortifié ne se fait pas entendre avant la deuxième oeuvre. Il aurait bien fallu... les cinq premières notes de la 8e Symphonie de Chostakovitch sonnent comme un Requiem : lourdes, poignantes, elles vous serrent à la gorge en donnant le ton du morceau : violent.
Je ne peux rien écrire dessus, en fin de compte. Aucun mot ne m'est venu ni ne me vient, sinon les larmes, parfois. Une heure de... bonheur ? Emotions ? Sans doute des émotions, oui, mais lesquelles ? Le finale, en ut, n'est pas violent sur les toutes dernières notes traînantes des premiers violons. Goût doux-amer sur les lèvres, dans le coeur lorsque l'on applaudit... la symphonie, composée en moins de trois mois, n'est pas véritablement comme une symphonie à proprement parler : les trois derniers mouvements forment à eux seuls une symphonie qui pourrait se détacher du début de l'oeuvre s'il n'y avait ce thème des violons.
Qu'en penser ?

8 mois...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

amiga 08/10/2010 17:09



je ne voulais pas parler éducation (je pourrais en apprendre aux autres !! lol), ni tenue vestimentaire....


je faisais plutôt allusion à ton style d'écriture et ta capacité à t'exprimer que j'aime bcp !! C'est un plaisir de te lire
Merci de nous offrir ce voyage par les mots, c'est très plaisant !


Bon week-end et au plasir de te lire encore



NnewïaM 08/10/2010 19:10



Oh, merci



amiga 06/10/2010 21:35



Après avoir découvert ton sens affirmé pour les mots, je découvre un art réel pour la musique et je me sens bien "petite"....



NnewïaM 08/10/2010 10:47



O_O Il ne faut pas. C'était la première fois que je rentrais Salle Pleyel, et même si je n'y suis pas allée en jeans, je me suis sentie bien... pauvre, et nulle face à toutes ces belles personnes
bien habillées/bien maquillées. Comme si je n'avais pas le droit d'applaudir à la fin... et bien si ! La musique, c'est comme tout : on aime, ou on n'aime pas. Il n'y a que ça :)



nanïs 01/12/2009 19:31


Oh! Je ne saurai pas comme toi mettre des mots sur des émotions musicales: cela fait bien longtemps que je n'ai pas écouté de Debussy, ton texte m'en donne l'envie :)


Côme 14/10/2009 19:43


Ca manque de neeeeeeeeews par ici. (enchanté)