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A Carrot in Paris

Crève, sale bolchevik.

6 Avril 2010 , Rédigé par NnewïaM Publié dans #Ecrits

Si un invité meurt inopinément chez vous, n'appelez pas la police. Ce serait une faute de goût élémentaire. A-t-on déjà vu une seule personne saine d'esprit se dénonçant d'elle-même aux autorités rarement compétentes en la matière ? Non. Je ne vous laisse guère le choix de la réponse, et pour cause : j'écris.

Il y a toutes causes de mort. Parmi les plus doucereuses, celle qui vous laisse le plus démuni est sans aucun doute la crise cardiaque. Comment faire face à un mourant incapable de prononcer le moindre mot, allant même jusqu'à s'effondrer sur votre plancher fraîchement nettoyé du matin ? Du matin puisqu'il est impensable, est-il nécessaire de le rappeler, de faire entrer un invité dans une maison sale.

Le mort qui meurt chez vous est forcément votre invité. De ce constat simple, en tirer la conclusion de ne plus inviter personne chez vous serait extrême et beaucoup trop simpliste. Personnellement, j'aime le goût du danger, celui qui vous fait vous demander en resservant votre ami si cette dernière bouchée de glace réussira, enfin, à boucher complètement sa fragile aorte. Peine perdue. Il survivra, votre dessert sera achevé dans les règles de l'art et vous le regarderez prendre le volant heureux de savoir que si le bon vin servi le fait s'emplafonner dans un réverbère, il ne mourra pas chez vous. Du moins pas ce soir.

 


 


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