Le temps passait, le temps filait.
Il filait sans s'arrêter, à travers les champs, par-dessus les clôtures, évitant les regards et les chemins trop encombrés. Il courait sans regrets, sans savoir, sans reconnaître le parfum de l'aubépine, les douceurs du chèvrefeuille. Il laissait ses pieds le porter, sur la terre, dans l'herbe, comme ceux qui n'ont rien à perdre ou rien à vivre. Il passait le long des buissons, des ronces ensoleillées pleines de promesses de mûres, comme celles d'une jolie fille, un soir d'été, à la saint Jean.
Il filait, et c'était le temps qui s'inclinait, qui le contemplait par-delà sa sagesse. Les arbres s'entre-regardaient, n'osant se demander qui était ce fou, cet inconscient qui ne prenait pas même le temps de leur arracher un souvenir. La mousse sous ses pieds se froissait de ne pas être recueillie, la clairière protestait de ne pas être le lieu d'un soupir égaré le temps d'une halte. Il courait, et plus rien n'avait d'importance, sa fuite peut-être.
Ou bien.
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