Inglorious basterds : beware, spoilers.
En pleine dernière ligne droite de révisions, aller voir le nouveau film du sieur Tarantino s'est révélé être une bonne idée. Relativisons, après
tout : même si je révise, les Nazis n'ont pas le contrôle de la France, je ne risque pas de me faire scalper un beau matin et rentrer toute seule à 22h30 rue des Rondeaux est une balade. Youpi,
donc.
"Bonne" idée ?
Le film est beau, esthétiquement parlant. Les plans sont remarquables ; je ne me rappelle plus du directeur de la photographie, shame on me, mais il a fait un boulot monstrueux quant à l'avant-dernière scène. Seule ombre au tableau peut-être, les quelques ralentis du film, dont un VRAIMENT trop long qui casse tout l'élan donné précédemment. Une absence de flash-back, aussi, et un espèce de pseudo-remords romantique heureusement bientôt nié par le fait que les deux protagonistes meurent tués l'un par l'autre. Mouarf mouarf mouarf.
L'idée principale est assez simple à
examiner, elle aussi. Les Nazis n'ont aucune humanité, n'en ayons pas non plus ! Allons arracher le sommet du crâne à nos ennemis tout en les défonçant à grand renfort de battes de base-ball !
[Non, ceci n'est pas un jeu avec l'IPhone.] Simple, donc.
Prenons un autre film reprenant à peu de choses près la même idéologie extrémiste visant à la destruction d'un ou plusieurs individus sous couvert d'une grande cause : V for Vendetta. Si vous ne connaissez pas l'histoire, un bref résumé : un homme seul décide de ruiner la dictature mise en place dans son pays et donc de tout faire péter et tout et tout. Oui, c'est un film américain. Seulement dans V for Vendetta apparaît la notion de choix indispensable au spectateur, en la personne de Natalie Portman. Le questionnement n'est donc pas : "Qu'aurais-je fait à leur place ?" mais presqu'au contraire : "Ce qu'ils font est-il juste ?" Est-ce que ça sert à quelque chose, parfois, de mourir ? Peut-on mourir "en héros" ? Vouloir "sauver son peuple" ? Lourd questionnement, donc.
Qui n'existe pas dans Inglorious Basterds. Les Nazis
sont méchants (légèrement puérils et gamins, voire trop), nous sommes... the Basterds, nous défendons notre peuple (et accessoirement on se fend bien la gueule, c'est vachement marrant de tuer
des gens, hihi) et même que nous aussi on sait élaborer des plans compliqués que même l'état-major il comprend pas. Yeah.
Je vous passe la fin pourrie, totalement incompréhensible et qui ne cadre absolument pas avec l'idée que je me faisais des deux protagonistes de la dernière scène. Mais enfin, le message omniprésent pendant deux heures et demi de grand spectacle, c'est bien : "Cassons du Nazi, et peut importe qu'il soit simple soldat père d'un petit Max depuis cinq heures". Où est le choix ? Où le spectateur se dit-il que, non, ce qu'ils font n'est pas juste ? Où est la petite étincelle qui se dit que faire péter un cinéma et éliminer tout le gratin nazi n'est pas forcément LA chose à faire ?

Avec tout ça, je n'ai toujours pas la réponse à ma question : est-ce qu'on peut mourir pour une idée, un principe, quelqu'un...
"Bonne" idée ?
Le film est beau, esthétiquement parlant. Les plans sont remarquables ; je ne me rappelle plus du directeur de la photographie, shame on me, mais il a fait un boulot monstrueux quant à l'avant-dernière scène. Seule ombre au tableau peut-être, les quelques ralentis du film, dont un VRAIMENT trop long qui casse tout l'élan donné précédemment. Une absence de flash-back, aussi, et un espèce de pseudo-remords romantique heureusement bientôt nié par le fait que les deux protagonistes meurent tués l'un par l'autre. Mouarf mouarf mouarf.
L'idée principale est assez simple à
examiner, elle aussi. Les Nazis n'ont aucune humanité, n'en ayons pas non plus ! Allons arracher le sommet du crâne à nos ennemis tout en les défonçant à grand renfort de battes de base-ball !
[Non, ceci n'est pas un jeu avec l'IPhone.] Simple, donc.Prenons un autre film reprenant à peu de choses près la même idéologie extrémiste visant à la destruction d'un ou plusieurs individus sous couvert d'une grande cause : V for Vendetta. Si vous ne connaissez pas l'histoire, un bref résumé : un homme seul décide de ruiner la dictature mise en place dans son pays et donc de tout faire péter et tout et tout. Oui, c'est un film américain. Seulement dans V for Vendetta apparaît la notion de choix indispensable au spectateur, en la personne de Natalie Portman. Le questionnement n'est donc pas : "Qu'aurais-je fait à leur place ?" mais presqu'au contraire : "Ce qu'ils font est-il juste ?" Est-ce que ça sert à quelque chose, parfois, de mourir ? Peut-on mourir "en héros" ? Vouloir "sauver son peuple" ? Lourd questionnement, donc.
Qui n'existe pas dans Inglorious Basterds. Les Nazis
sont méchants (légèrement puérils et gamins, voire trop), nous sommes... the Basterds, nous défendons notre peuple (et accessoirement on se fend bien la gueule, c'est vachement marrant de tuer
des gens, hihi) et même que nous aussi on sait élaborer des plans compliqués que même l'état-major il comprend pas. Yeah.Je vous passe la fin pourrie, totalement incompréhensible et qui ne cadre absolument pas avec l'idée que je me faisais des deux protagonistes de la dernière scène. Mais enfin, le message omniprésent pendant deux heures et demi de grand spectacle, c'est bien : "Cassons du Nazi, et peut importe qu'il soit simple soldat père d'un petit Max depuis cinq heures". Où est le choix ? Où le spectateur se dit-il que, non, ce qu'ils font n'est pas juste ? Où est la petite étincelle qui se dit que faire péter un cinéma et éliminer tout le gratin nazi n'est pas forcément LA chose à faire ?
[Surtout quand on élimine plus de 350 films 35 mm au nitrate, c'est atroce, ils auraient pu penser à moi merde...]
Nulle part. Ce film change les perspectives sur la guerre : les Américains nous ont sauvé, encore une fois, mais les Nazis sont enfantins,
les Britanniques quasi absents *grommelle* et... tuer sert à quelque chose ? Vraiment ? Si les Français sont les champions du film sur la résistance (ou sur la collaboration, mais je suppose
qu'il en est d'une spécificité nationale, notre territoire ayant été occupé), les Américains sont des professionnels du grand spectacle. Pas de grandes interrogations. Pour moi, ce film est
plaisant, la morale dérangeante et je préfère le film original, The Dirty Dozen.
Avec tout ça, je n'ai toujours pas la réponse à ma question : est-ce qu'on peut mourir pour une idée, un principe, quelqu'un...
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