Papa, maman, pour mon petit Noyel je veux un plan de travail à ma hauteur et une planche à découper.
Parfois les longs titres, ça fait du bien. Il est ici légitimé par le gros sujet que je veux aborder : la cuisine.
Là normalement tu devrais avoir faim.
J'ai souvent et pendant longtemps été considérée comme une piètre cuisinière. La vérité est toute autre : manque d'entraînement chronique. Je ne jette la pierre à personne, mais naître dans une famille où la maman et la grand-mère sont des cordons bleu top premium, ça n'aide pas. A chaque repas on arrive, on se met les doigts de pied en éventail sous la table et on déguste. Arrive un moment où, quand même, on a envie d'aider (c'est rare, je le concède). Les tâches qui nous échoient sont alors diverses et variées : aller chercher de la ciboulette au jardin (ça va), éplucher les légumes (OK), couper les pommes (d'accord)... et ça s'arrête à peu près là.
"Maman, je peux touiller la pâte pour le gâteau ?
- Euuuh... et si tu allais plutôt me chercher... voyons... une boîte de conserve, loin, là-bas ?"
Oui parce que ma maman, elle fait super bien à manger et elle aime bien le faire toute seule. Ca paraît chouette, mais après tu te retrouves toute seule à Paris et bim, tu sais pas faire une vinaigrette.
J'ai donc appris sur le tas, plus ou moins, en faisant d'abord des trucs plus ratés que bons. Les gènes de la cuisine ? Je n'y crois pas, c'est la faute à la société comme l'a dit l'autre. Monsieur Ju était pareil : même tendance à s'appuyer sur les bonnes vieilles conserves et les viandes en barquette de polystyrène. Ca peut être bon, hein, pas de méprise, mais peut-on appeler ça de la cuisine ?
Et puis est arrivé le moment où on s'est installés ensemble. Together. C'était chouette comme tout, le grand appart', la grande cuisine, les plaques vitro-céramiques, le four... il fallait faire quelque chose.
Ce fut le début d'une aventure culinaire sans précédent. A raison d'un gâteau par semaine à peu près (un peu moins en période d'examens ou d'écriture de mémoire...), le talent Cuisine s'est vu augmenter de quelques points : quelques cookies, des crumbles, des gâteaux au yaourt à la pelle... et des plats sympathiques du style fajitas ou poulet mariné aux échalotes. Le grand classique de l'hiver ? Les soupes maison avec des tonnes de légumes et d'épices.
Photo by macuisineetudiante
Arrive alors septembre 2012. Les choses se compliquent... je pars en Irlande et je découvre une cuisine à peu près similaire (plaques vitro-céramiques, micro-ondes, four) avec un espace de travail absolument génial - et une planche à découper. De plus, mes roomies ont beau être fort sympathiques, je ne fais pas la cuisine avec eux : je la fais toute seule. Tremble dans ton tablier, Joël Robuchon, je commence à expérimenter la sauce tomate maison ou le boeuf mariné aux petits légumes. Le pire ? Ca marche. Bien entendu, on ne change pas complètement une équipe qui gagne et la sacro-sainte pizza du dimanche soir est restée. La différence c'est que j'en suis presque à me demander si je ne me mettrais pas aux pizze maison - tant qu'à faire...
Maintenant, quand j'invite des amis à venir manger chez moi, je les choisis bien : je les choisis Américains. Surtout Américaines. Avantage indéniable : mon moral est boosté pour la semaine. Pour elle, Française + éminçage d'oignons + tomates dans une poêle = summum de la French chic gastronomie. Tant mieux, sauf que du coup je suis devenue exigeante : pour mon Noël, je veux une planche à découper et un plan de travail à ma taille, s'il vous plaît.
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