15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:06

Vient ce moment où tu rouvres les yeux. Tu te demandes un peu comment tu es arrivée là, la tête nichée dans le creux d'une épaule, et cette main au bas de ton dos. Lui a le visage emmêlé dans tes cheveux, et tu tournes sans trop y penser. Il suffit d'un soupir, un tout petit vertige, pour qu'il te serre encore un peu plus. Il n'y a pas eu un seul mot, juste un bras tendu et un sourire. Tu ressens la musique, tu ne l'écoutes plus. Tu danses, et quand ta jupe arrêtera de tourner, tu ne connaîtras même pas son prénom.

Le pianiste présent hier soir, spécialiste ès mazurkas-câlins.

Si vous ne le saviez pas encore, je danse, et j'aime la mazurka par-dessus tout. Merci à ma famille de m'avoir emmenée dès toute petiote dans les festoù-noz, sinon comment j'occuperais mes soirées, depuis un an que je virevolte dans les bals néo-trad parisiens ?

 

L'image des bals populaires n'est pas très reluisante. On s'imagine un accordéon poussiéreux et un vieil homme qui pousse la chansonnette, la voix pleine de trémolos, tandis que la cantine de la maison de retraite s'anime des quelques couples qui osent se lever de leur chaise. J'exagère un peu, certes.

 

La vérité ? Il fallait venir hier soir sur une péniche, par exemple, pour la trouver. Ou dans à peu près n'importe quel événement dansant parisien – j'ose imaginer que c'est pareil ailleurs, mais je ne connais pas les bals d'autres villes, à part les festoù-noz bretons déjà mentionnés.

La vérité, c'est que la population est jeune, chose que n'importe quel statisticien pourrait confirmer. La vérité, c'est que les groupes de musique sont excellents, musiciens comme chanteurs.

La vérité, c'est que c'est sacrément sportifs, mes jolis mollets – oui, je me jette des fleurs, c'est gratuit – en sont la preuve.

La vérité, c'est que les scottishs, mazurkas, valses, cercles, bourrées... c'est sacrément addictif. Parlez-en à tous les ami/es convertis à la cause de la danse trad.

La vérité, c'est que c'est convivial. Le petit texte du début n'est pas vraiment représentatif, étant donné qu'un bal folk, c'est un endroit où je parle aux gens sans les connaître avant. Bonjour, tu me connais depuis le lycée ? Tu sais que je suis timide ? Et bien là j'entame la conversation TAVU. Tout semble normal, tu peux aborder quelqu'un parce que tu adores son tee-shirt (vécu) ou que tu veux connaître la marque de sa robe (vécu). Je ne suis pas suffisamment sortie en boîte* pour me permettre des généralités du type « tout pourri », mais le fait est là : je préfère danser au son de vrais instruments avec des gens que je peux toucher (voire faire presque un câlin pendant cinq bonnes minutes) que transpirer toute seule en sautillant dans un coin. Ce qui ne veut pas dire que je ne transpire pas en bal folk, mais je préférerais aborder un autre sujet.

 

C'est difficile, au final, d'aborder cet angle de ma vie qui me passionne par écrit seulement. Il faudrait que je vous emmène tous danser, histoire que vous vous rendiez compte par vous-mêmes. Il faudrait que je vous mette des vidéos, des photos, toussa... mais non, alors un dernier mot : venez danser ! Au pire vous boirez un coup au bar en écoutant la musique, au mieux vous reviendrez la semaine prochaine, ou bien dès le lendemain. Parce que les bals folk, c'est aussi danser une polka sur Cup Song ou une bourrée sur Noir Désir. En attendant, si j'ai réussi à faire passer le moindre petit message, guettez ce site (Parisiens uniquement, sorry le reste de la France) : trad75.free.fr

 

* Les boîtes gays nantaises ne comptent pas, ni les soirées École du Louvre only.

Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire.

Milan Kundera

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 20:54

 

Ce petit coin se transforme de plus en plus en Goodreads. Ce n'est pas entièrement ma faute, en tombant sur ce texte-là, je n'ai pas eu d'autre choix que de le partager ici. Enjoy - et reconnaissez-vous dedans !

« Aime une fille qui lit. Aime une fille qui dépense son argent dans les livres au lieu des habits, dont les placards débordent parce qu'elle a trop de livres. Aime une fille qui possède une liste de livres à lire et une carte de bibliothèque depuis l'âge de [six] ans.

Trouve-toi une fille qui lit. Tu la reconnaîtras parce qu'elle a toujours un livre à lire dans son sac. Elle regarde avec admiration les livres rangés sur les étagères des librairies, s'extasie discrètement quand elle a trouvé le livre qu'elle cherchait. Tu vois cette fille bizarre qui respire les pages des vieux livres dans les librairies d'occasion ? C'est elle, la lectrice. Elle ne peut pas s'empêcher de respirer les pages des livres, surtout quand celles-ci sont jaunies et fatiguées.

C'est celle qui lit en passant le temps dans le café au coin de la rue. Si tu regardes sa tasse, tu remarqueras que le [thé] a refroidi, parce qu'elle est déjà complètement absorbée par son livre. Perdue dans le monde imaginé par l'auteur. Assieds-toi. Peut-être te lancera-t-elle un regard, car la plupart des filles qui lisent n'aiment pas être dérangées. Demande-lui si elle aime son livre.

Propose-lui une nouvelle tasse de [thé].

La Bibli d'Onee

O'Connell Bridge, Dublin

O'Connell Bridge, Dublin


Dis-lui ce que tu penses vraiment de Murakami. Demande-lui si elle a dépassé le premier chapitre de Fellowship. Comprends bien que si elle te dit qu'elle a compris Ulysses de James Joyce, elle dit ça juste pour avoir l'air intelligente. Demande-lui si elle aime Alice ou voudrait être elle.

C'est facile d'aimer une fille qui lit. Offre-lui des livres pour son anniversaire, Noël et toutes les autres fêtes. Offre-lui des mots, des poèmes et des chansons. Offre-lui Neruda, [Tennyson], Sexton et Cummings. Montre-lui que tu as compris que les mots sont de l'amour. Il faut que tu comprennes qu'elle connaît la différence entre les livres et la réalité, mais que malgré tout, elle essaiera quand même de faire que sa vie ressemble un peu à son livre préféré. Ce ne sera jamais de ta faute si c'est le cas.

Il faut qu'elle essaie.

La Bibli d'Onee

Home

Home

Mens-lui. Si elle comprend la syntaxe, elle comprendra que tu as besoin de mentir. Derrière les mots se cachent d'autres choses : des raisons, des valeurs, des nuances et des dialogues. Ça ne sera pas la fin du monde.

Déçois-la. Parce qu'une fille qui lit sait que les déceptions précèdent toujours des sommets d'émotions. Parce qu'une fille qui lit comprend que toutes les choses ont une fin, mais qu'on peut toujours écrire une suite. Qu'on peut recommencer encore et encore, et rester le héros. Que dans la vie, il y a toujours un ou deux méchants.

Si tu trouves une fille qui lit, ne la laisse pas t'échapper. Si tu la retrouves à 2 heures du matin, serrant un livre contre elle et pleurant, prépare-lui une tasse de thé et prends-la dans tes bras. Tu la perdras sûrement pour quelques heures, mais à la fin, elle reviendra toujours. Elle parlera comme si les personnages du livre existaient vraiment, parce qu'ils existent toujours, l'espace d'un instant.

Tu la demanderas en mariage dans une montgolfière. Ou à un concert de rock. Ou l'air de rien, la prochaine fois qu'elle sera malade. Par Skype.

Tu souriras tellement que tu te demanderas pourquoi ton cœur n'a pas encore éclaté. Tu écriras l'histoire de vos vies, vous aurez des enfants avec des noms étranges, des goûts étranges aussi. Elle fera découvrir Le chat chapeauté et [Kvothe] à vos enfants, peut-être même les deux dans la même journée. Vous passerez vos vieux jours en vous promenant bras dessus, bras dessous, et elle récitera doucement [Yeats] pendant que tu feras tomber la neige de tes bottes.

Aime une fille qui lit, parce que tu le mérites. Tu mérites une fille qui peut, par son imagination, parer ta vie de mille couleurs. Si tu n'es capable de lui offrir que de la monotonie, des idées ternes et des demi-mesures, mieux vaut rester seul. Si tu veux le monde entier, et tous ceux qui se cachent derrière, aime une fille qui lit.

Encore mieux, aime une fille qui écrit. »

La Bibli d'Onee

 

 

Au début j'ai souri, j'ai regardé mes étagères, les livres dans mon sac. Après j'ai eu un peu honte, de me reconnaître dans cette fille qui glousse au hasard d'un rayon de librairie et qui respire les vieilles pages quand elle est toute seule. J'ai ri en me rappelant le péremptoire "oui Joyce c'est compliqué", alors que je n'ai même pas lu Dubliners... Puis j'ai failli verser une petite larme, mais non, les larmes ne coulent que sur des mots comme ceux-là :

Come away, O human child: To the waters and the wild with a fairy, hand in hand, For the world's more full of weeping than you can understand.

W. B. Yeats

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 17:57

Quand j'étais petite, mon papa m'a appris à dépasser le simple fait de voir ou d'entendre. Il faut apprendre à regarder et à écouter les choses, pour les appréhender avec toute la raison dont on est capable, aller au-delà des apparences, rejeter les préjugés. L'exemple type est le sacro-saint "A table !" : on peut l'entendre, mais si on l'écoute et qu'on obtempère, c'est mieux.

 

Cela fait des années que je réfléchis à cette simple différence entre voir et regarder, entre entendre et écouter. Hier soir, au Sunset Jazz Club, il est apparu que la vérité placée dans cette différence pouvait aussi bien se comprendre dans l'autre sens.

 

L'introduction est un peu atypique, j'en ai bien peur, mais ce n'était pas un concert comme les autres, il s'agissait de la rencontre entre la harpiste galloise Catrin Finch et le koriste -joueur de kora- sénégalais Seckou Keita. Deux légendes des cordes qui se rencontrent, le résultat aurait pu être académique, prenant mais trop lisse, trop parfait. Loin s'en faut.

Image : The Guardian

 

Mettre des mots sur des notes, c'est possible, les paroles existent précisément pour cette raison. Mettre des mots sur ce que j'ai vécu hier soir -et les autres autour de moi, j'en suis convaincue- c'est presque impossible. C'est essayer d'expliquer comment on peut se prendre autant de sourires dans la tête et en ressortir heureuse comme tout. C'est tenter de parler du souffle qui vient à manquer, sans raison apparente, alors même que la mélodie n'est pas spécialement triste. C'est ce pincement au cœur quand le concert se termine alors qu'il n'est que 23 heures passées, on pourrait tous bien rester là, à rire ensemble et à se balancer sur nos sièges inconfortables. Sauf que même en repartant, il reste encore à serrer la main des musiciens, leur parler, leur dire merci.

 

Image : NPT Arts & Ents

 

J'ai parfaitement conscience de ne pas parler du concert en tant que tel, mais tant mieux, vous n'avez qu'à sauter sur l'occasion quand elle se présentera : allez les écouter. Leur CD est magique, mais il n'a rien à voir avec le sourire radieux de Seckou Keita, ou avec les petits murmures enthousiastes de Catrin Finch lorsqu'elle se balance avec sa harpe.

 

En définitive, entendre devient plus fort que l'écoute. Quand on ferme les yeux et qu'il ne reste que la musique, on a beau être assis, le vertige est là. C'est fort dangereux, tout ça, parce que je suis sûre et certaine de pouvoir tomber amoureuse d'une mélodie aussi facilement qu'on bat le rythme sur une jig irlandaise.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 19:29

 

'Too many people think speed is the hallmark of a good musician. It's understandable. But how quickly you can finger notes is the smallest part of music. The real key is timing.

 

This is why there are so few true musicians. Knowing the notes isn't enough. You have to know how to play them. Speed comes with time and practice, but timing you are born with it. You have it or you don't.

 

Denna had it. She moved slowly through the song, but she wasn't plodding. She played it slow like a luxurious kiss. As she stood with her arms around the harp, her eyes half-lidded with concentration, I knew I someday wanted to be kissed with that amount of slow, deliberate care.

 

And she was beautiful. I suppose it should come as no surprise that I have a particular fondness for women with music running through them. But as she played I saw her for the first time that day. Before I had been distracted by the difference in her hair, the cut of her dress. But as she played, all that faded from view.'

 

 

L'homme de ma vie est en papier, il est fait de mots, et à part le lire encore et encore, rien ne se passe. Je ris, je tremblote, je pleure en le lisant - heureusement j'en ai encore pour plus de 1000 pages. L'énorme citation qui précède ne dit pas autre chose : j'aurais envie de tout dire, de tout crier pour faire comprendre aux gens qui m'entourent l'importance de ces mots-là. Ce n'est pas possible, donc procurez-vous

The Name of the Wind puis The Wise Man's Fear, de toute urgence.

 

 

"You're my safe harbor in an endless, stormy sea. You are my shady willow on a sunny day."

"You, I said, are sweet music in a distant room."

"You are unexpected cake on a rainy afternoon."

 

J'ai bien conscience qu'on ne peut décemment pas être amoureuse d'un héros de roman. Peut-être qu'un jour arrivera un musicien roux aux yeux verts, un tueur de roi, un voleur, un guerrier. Peut-être même qu'il ne sera pas déjà amoureux fou d'une autre. On ne sait jamais.

En attendant, je lis.

Kvothe

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 16:37

Ca sent la poussière ici... un peu de vieilles pierres, un peu de mousse, mais pas franchement de neuf ! Je n'ai pas écrit ou formulé de bonnes résolutions pour 2014, mais il faudrait que je me décide à revenir par ici un peu plus fréquemment. Bref !

 

Me voici redevenue parisienne, depuis début septembre. J'en suis un tantinet triste, étant donné que la Ville avec un grand V est aux antipodes de ce que je suis -pas du tout citadine, donc. Pourtant, Paris regorge de trésors disséminés un peu partout, à commencer par de chouettes salons de thé qu'il faut savoir traquer avec patience. Hier, portée par le grand soleil et la douceur ambiante, je suis allée avec Cécile du côté du Ministère des Affaires Etrangères, histoire de flâner parmi les dorures et les tapisseries des Gobelins. L'occasion était trop belle : les portes ouvertes des métiers du MAE, excusez du peu.

 

Après avoir marché du côté du Palais Royal, nous faisons patiemment un petit bout de queue devant le Ministère - j'imagine que nous ne sommes pas les seules avec un appareil photo qui nous démange les doigts. Arrivées à l'intérieur, bim ! C'est beau.

DSCN3033.JPG

Vous les voyez, les dorures et les tentures ?

 

DSCN3034.JPG

Chaque détail mérite d'être vu ; malheureusement le nombre de visiteurs (et de médiateurs !) couplé à mes scrupules m'a empêchée d'en profiter à 100%. Néanmoins j'ai quelques photos qui témoignent de la beauté de l'endroit.

 

Ci-contre, un dessus de porte, comme ça, pof. Vénus endormie ou simple mortelle ? Mes cours d'iconographie antique sont loin derrière moi, aux dernières nouvelles... Qu'en pensez-vous ?

 

 

 

DSCN3038.JPGA l'occasion des portes ouvertes, donc, chaque salle abonde de badges bleus qui sont là pour nous accueillir ; beaucoup n'hésitent pas à venir vers nous, chacun est avenant, ce qui change du parisianisme auquel je suis trop habituée !

 

Ce fut l'occasion d'apprendre quelques subtilités, comme la différence entre ambassade et consulat. Ca ne changera pas ma vie, mais c'est cool de le savoir au cas où mon rêve le plus cher, vivre et travailler dans un autre pays que le mien, se réaliserait.

Who knows, right?

 

 

Un peu plus loin, un stand détaille les différents concours proposés par le Ministère. J'imagine que le jeune homme qui nous a renseignées a voulu nous faire peur quant au nombre de candidats et de postes à pourvoir ; je me gausse grassement en pensant à la difficulté monstre qui m'attend fin août... mais bon, autre Ministère, autres moeurs !

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Photo trop sombre, mais qui a le mérite de montrer les volumes d'une des pièces que nous avons visitées.

 

Nous avons bien dû passer une heure dans une (toute petite) partie du MAE -j'ai passé le cap du surnom, nous sommes devenus très intimes lui et moi !- pour un total de 14 photos réussies et quelques bavardages avec différents agents-médiateurs fort aimables.

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Conclusion : beaucoup moins de monde que pendant les JOP (enfin j'imagine), des lustres à se taper le cul par terre et des angelots dorés qui soutiennent de jolis écoinçons, ce qui équivaut à une promenade très agréable en compagnie d'une jolie blondinette :)

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:38

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Ze t-shirt. - Zazzle.fr

Ce n'est pas un secret, je suis harpiste. J'en ai déjà parlé à demi-mots, ici. Je ne sais pas trop d'où ça vient... j'ai commencé la musique petiote avec un grand classique, le piano, et petit à petit je me suis tournée vers le trad. A 14 ans, grosse chieuse, je demande une harpe. Première rencontre avec la Camac, via leur atelier à Mouzeil, qui par un coup de bol énorme s'avère être près d'Ancenis (Loire-Atlantique). Je n'ai pas pu visiter l'usine, bien sûr, mais le premier contact est particulier : les effluves des bois, les cordes qui résonnent, toutes les Telennoù sagement alignées le long des murs... et la mienne, une jolie Mélusine, qui est toujours là.

 

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Et dire que j'ai la trouille de changer deux cordes... - Ancenis Mauges Mag.


Bref. La harpe ne me quitte pas, même à Paris, puisqu'elle est installée dans ma chambre - j'en suis d'ailleurs désolée, la moquette au sol étouffe toutes tes basses, vivement un carrelage ! Pour être tout à fait honnête, avec mon départ à Dublin, elle a plutôt joué le rôle de décoration d'intérieur - elle le fait très bien, là n'est pas la question, mais elle ne vibre plus du tout... La motivation me déserte, en ce moment, d'autant que la corne qui habitait le bout de mes doigts s'est fait la malle et que mes ongles poussent à une vitesse record. Ajoutez à cela deux cordes à changer et 38 à accorder d'oreille et on atteint des sommets dans l'inaction musicale.

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Et bim, ma main droite en guest star!


J'étais donc d'autant plus contente d'aller assister à un concert de harpe à l'espace Camac de Paris, nouvellement rénové, qui m'a accueillie pendant toute une année, gratuitement, lorsque j'étais à demi orpheline. La Mélusine de concert me faisait les yeux doux dès que j'y mettais les pieds, mais peine perdue, je n'ai pas les sous. Le lieu, donc, a rouvert ses portes et ce fut l'occasion pour Jakez François et Claude Bouly -aka la madame la plus gentille du monde- de nous faire écouter deux styles totalement différents.

 

Patrizia Tassini (harpe classique) et Giorgio Marcassi (flûte) sont deux Italiens de formation classique, qui nous ont interprété des morceaux classiques comme la sonate pour flûte et harpe de Nino Rota ou encore la sublimissime (je pèse mes mots) Fantaisie sur la Moldau, un rêve, découvert dans un pub dublinois à l'occasion d'innombrables rugby matches. Oui oui.

 

Beau, donc, mais assez conventionnel, assez pour endormir Julien et me faire sourire -sérieux, mec, tu t'es endormi quoi ! La deuxième partie, après un entracte passé à faire la queue devant les toilettes (VIS MA VIE), est d'un tout autre esprit. La découverte est comme la claque dans la gueule, monumentale. Ladies & gentlemen, le Christine Lutz Quartet est une formation de jazz, composée d'une harpe électrique, d'une guitare, d'une contrebasse et d'une batterie jazz. Forcément. Le résultat est démentiel et j'ai passé une heure à me trémousser sur la chaise molletonnée mais inconfortable (VIS MA... ok j'arrête). Just for fun, et pour vous donner un aperçu de la bombassitude de la chose, voici Minor Swing, le standard qu'on ne présente plus :

 

 

Truc de ouf malade je vous dis. Et encore, là il manque la guitare et la contrebasse, sans compter le sourire jusqu'aux oreilles de Christine Lutz, absolument adorable. Ca doit être un truc chez les harpistes, on est hyper sympas. Sans compter la modestie, la sexitude, toussa... aheum.

Pour finir, un appel à l'aide : j'ai besoin de me motiver. J'ai besoin de vous ! Ca me tenterait bien de jouer avec des gens, même si j'ai beaucoup de mal à improviser pour cause de timidité musicale maladive. Si ça vous tente, il y a un peu de place dans ma chambre -ceci n'est pas une proposition malhonnête- ou alors on peut aussi réserver un studio à l'espace Camac. A vot' bon coeur !

 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 22:31

"Je sens les larmes qui montent
Mais je vais pas pleurer"
Emilie Simon.

 

C'est un peu ça, mon quotidien, depuis quelques mois. Ca commence à empirer, doucement. Il y a un an, je faisais ma rentrée à Trinity, sans appréhension, sans peur et sans reproches. Cette année je suis en France et je n'arrive pas à dépasser ce sentiment de non-appartenance. Je ne suis pas Irlandaise mais bordel je ne veux pas habiter en France. Je n'habite plus à Dublin mais j'y pense à chaque seconde. Tout est mesuré, comparé, et rien n'égale l'Irlande.

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KC Peaches, I love you.


Je suis rentrée il y a presque quatre mois. Je n'arrive pas à m'en remettre. Avant, quand je rentrais en France, il y avait un retour sur mon billet d'avion. Je pouvais rentrer à la maison, à Dublin. Là, je suis à Paris, mais je ne peux plus rentrer, je suis bloquée là. Je ne parle plus anglais, sauf dans ma tête ou quand je renseigne les touristes (alleluia les mecs, keep going), je ne mange plus d'énormes brownies avec un thé et des copines à l'accent délicieux, je ne rencontre plus tout plein d'international students, je ne traverse plus la Liffey tous les jours, je ne passe plus sous Front Arch, je ne vais plus au pub deux fois par semaine pour le rugby et l'ambiance.

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Parce que des fois, il fait beau en Irlande.

 
Le pire, c'est que je n'ai pas le droit de me plaindre. Sans déconner, j'ai été acceptée en classe prépa, au Louvre, niveau architecture qui pète ça se place là hein. Je peux téléphoner aux gens le midi sans que ça me coûte une blinde et j'ai redécouvert la joie de manger du PAIN-BEURRE avec du SAUCISSON. Mais j'y arrive pas, c'est tout. Je reçois encore tous les mails de Trinity, tous les colloques, les actualités des différentes societies auxquelles j'appartenais (DUFC, you rock!). Il y a la remise du diplôme avec le p'tit chapeau rigolo et la robe trop grande, bien sûr, en avril. Mais entre habiter là-bas et y aller deux jours...

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I could get used to a view like this.


Imaginer une vie en Irlande, c'est un putain de rêve, qui ne se réalisera sans doute plus étant donné que les fonctionnaires, a priori, c'est en France qu'ils travaillent. Haha. C'est cool le patrimoine, les musées, les MH... mais c'est mieux là-bas. Comme tout le reste.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 21:58

Encore un article qui a dû mûrir pendant une semaine... et pour cause. Il a fallu digérer le film d'abord.

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Mads Mikkelsen, le beau gosse de 47 ans.


Michael Kohlhaas. L'OVNI inattendu, soulevé par Juliette, sur FB. Je n'en avais entendu parler nulle part, aucune affiche, aucune annonce. Le casting n'est pas impressionnant, si l'on omet le grand Mads Mikkelsen dans le rôle principal -qui joue en français, excusez du peu !

Le film est avant tout un roman d'Heinrich von Kleist, publié en 1810. Alors qu'il est assez court - l'édition française ne compte que 150 pages environ ; le film d'Arnaud des Paillères dure deux heures. Deux heures de paysages à couper le souffle, des Cévennes au château d'Aujac, dans le Gard.

Paysage.jpg

Paie ton paysage de foufoufou !


Mais s'il n'y avait que les paysages... Au risque de spoiler, autant dévoiler un peu l'intrigue. L'histoire se déroule dans les Cévennes, au XVIe siècle. Michael Kohlhaas est un marchand de chevaux, qui s'apprête à aller en vendre quelques-uns dans une foire où il a l'habitude de se rendre. Il est arrêté à un nouveau péage, dressé par le baron des lieux. Alors qu'il n'a pas d'argent sur lui, il laisse deux chevaux et un valet, César, en gage, aux hommes du baron -l'excellent Swann Arlaud, qui est ultra-mignon. Le problème, c'est que les chevaux sont maltraités. Kohlhaas réclame justice mais le baron a des amis magistrats... et la plainte est déboutée. Alors que le personnage incarné par Mikkelsen veut aller à la cour réclamer son dû, sa femme le persuade d'y aller à sa place. Elle est ramenée toute moribonde, et meurt peu de temps après. Kohlhaas assemble alors une petite troupe pour se venger et faire rétablir la justice.

 

"C'est pour maman que tu fais ça ?
- Non.
- Pour les chevaux ?
- Non."

 

La critique du Monde a parlé d'un film-western, tout comme L'aigle de la neuvième légion (2011) l'était dans un cadre romano-picte. Michael Kohlhaas est seul, même s'il est accompagné de sa fille et d'une troupe de paysans mutiques. Sa révolte contre l'injustice commence peut-être avec les chevaux, se poursuit sans doute à cause du meurtre de sa femme... et ne s'arrête pas tout à fait comme le veut le livre. A un moment, alertée par cette révolte, la princesse d'Angoulême (qui joue tellement bien qu'elle en devient flippante) mande un théologien protestant pour raisonner Kohlhaas. Les arguments du religieux ébranlent un peu le marchand mais rien n'y fait. Du western, on retrouve les vastes plaines, le silence et la fidélité qu'on accorde à un homme, non à un seigneur.


Abbaye.jpg

Je ne suis pas spécialiste de la période, mais il me semble que le film de des Paillères montre bien l'ambiance du XVIe siècle. Certains plans font penser à des tableaux, de même que Le dessert de gaufrettes du peintre Lubin Baugin se retrouve parfaitement mis en scène dans Tous les matins du monde (1991). Ce film est fort, comme un livre qui prend aux tripes, par l'histoire, les paysages, le jeu des acteurs -même la petiote Mélusine Mayance est grandiose. De mon point de vue, c'est le film de 2013, celui à voir et à revoir comme on se replonge avec un peu d'appréhension dans un chef d'oeuvre de littérature. Courez-y.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 19:00

A première vue, ce blog se transforme en un recoin envahi par les livres. Il n'y a pas si longtemps -ou si, un peu quand même- j'avais blablaté sur ma vision de la lecture, comment lire dans le métro ou tout autre lieu a priori pas fait pour ça : debout dans une file d'attente, avant d'aller chez le médecin, cinq minutes grapillées avant l'arrivée d'une amie... lire partout, ça m'est nécessaire, et ça explique pourquoi mon sac contient obligatoirement un livre minimum.

 

Puis je me suis rendue compte que pour moi, il y a lecture et lecture. Et même une autre lecture, si on y réfléchit bien. C'est ainsi qu'en ce bel après-midi ensoleillé, alors que les gamins de la résidence s'égosillent en se lançant un ballon (acte barbare, d'autant qu'ils jouent au pied sans faire de mêlée), j'ai pris cette photo éminemment artistique :

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Trois livres, trois tailles différentes, un Petit Beurre. De la fantasy française, un recueil de nouvelles irlandaises et... oui, bon, un traité sur la lecture aux toilettes. J'ai des goûts éclectiques, je les assume.

 

Le hasard (ou mon amour inconditionnel pour cet auteur) fait bien les choses, j'ai déjà parlé de Mathieu Gaborit, je ne vais donc pas me répandre une nouvelle fois en compliments. LISEZ-LE ! Qu'est-ce que cette intégrale vient faire là ? Illustrer mon premier type de lecture : le livre qu'on ne veut pas lâcher. Attention, je ne parle pas des romans du type Hunger Games ou Harry Potter, qu'on dévore parce qu'on veut connaître la suite. Dans le cas des Royaumes Crépusculaires, c'est comme le tome 5 de Game of Thrones : tu ne veux pas que ça se termine. Parce que ça signifie quitter cet univers, parce que ça signifie ne plus pouvoir lire autre chose pendant quelques jours, le temps de digérer. Parce que ça signifie être triste, réellement, et devoir chercher autre chose du même tonneau. C'est difficiler de quitter un tel chef d'oeuvre, je ressens la même chose en (re)lisant pour la énième fois Pride & Prejudice -même si dans ce cas, c'est plus simple, je regarde le film et la série de la BBC d'une seule traite, pour soulager mon chagrin. Une catégorie rare, donc, mais pas tant que ça.

 

Encore plus rarissime dans mon cas, nous avons les livres dont on veut absolument qu'ils se terminent vite. Entendons-nous bien (toutes mes catégories sont chiantes à expliquer ou..?), il ne s'agit pas de livres mauvais, dont le style laisse à désirer, au contraire. After Rain, de William Trevor, est à placer là. Pour vous mettre dans l'ambiance, voici ce qu'Hermione Lee, chroniqueuse au Independent on Sunday, en dit : 'These stories look quiet, but they can be cut through with violence and cruelty.' Tout un programme. Peter Kemp, dans le Sunday Times, ne dit pas mieux : il parle d' 'a quietly devastating little earthquake'. Ils ont bien raison. A la lecture de chacune de ces nouvelles, je me suis sentie oppressée, désireuse d'en finir avec cette atmosphère pesante, voire nauséabonde. Rien n'est moral, pourtant tout est normal et baigne dans une moiteur de conventions et d'obligations sociales. C'est insupportable, c'est terriblement bien écrit, pourtant je ne le recommanderais pas. J'en ai loupé deux correspondances dans le métro, c'est vous dire l'état dans lequel ce recueil me met.

 

Enfin, la catégorie qui regroupe tout le reste (et ça fait un sacré paquet) : les livres qu'on lit de bout en bout, sans plus. Je peux être amusée, étonnée, émue, sarcastique, déçue, ne rien ressentir, mais guère plus. Histoire de remonter le moral ambiant, qui est tombé un peu bas, j'ai choisi un petit traité d'Henry Miller, un auteur que je ne présenterai pas (faut pas déconner). Il est drôle à souhait, très divertissant, on réfléchit aussi... et on l'oublie un peu dès qu'il est reposé sur une étagère -pourtant il est rose (le livre, pas Henry Miller). La grosse majorité de mes lectures se situe là, et heureusement, je suis déjà beaucoup trop émotionnelle à mon goût -qui qu'a pleuré à la fin du tome 5 de Game of Throne, hein ?

 

Il reste une dernière catégorie, celle qui remplit le plus de mon temps (ce dont je ne me plains pas) : les lectures où j'apprends quelque chose. Mon livre de chevet est un bouquin énorme qui me fait mal aux poignets après un chapitre, j'ai nommé La France romane, d'Eliane Vergnolle. Je le lis pour moi, pour mon mémoire, pour la prépa qui arrive, pour le Moyen Âge... pour tout un tas de raisons qui ne le font pas entrer dans une autre catégorie. Je le lis, c'est tout !

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Published by NnewïaM - dans Coups de coeur
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 16:53

Ouch... délaisser son blog à ce point, c'est mal (...ou on s'en fiche ?). J'ai tellement de choses à raconter que ça me décourage, résultat je préfère encore trier mes (nombreuses) photos ou faire des gâteaux. Bref.

 

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Depuis le temps, j'ai quitté l'Irlande pour revenir à Paris et sa banlieue, en faisant un crochet de quelques jours en Andalousie, comme ça, pour le plaisir -petit class trip qui fait du bien, cf. photos en fin d'article ! Partir de Dublin a été moins difficile que prévu, grâce à un certain Ju qui a bien voulu venir me chercher et me porter mes valises plus lourdes que moi. C'est précisément aujourd'hui, en ce joli début de mois de juillet, que les choses se gâtent.

 

Il me faut faire un point racontage de vie avant de poster d'autres articles inutiles du type jolies photos ou écrits bizarres. Je termine en ce moment mon M2, avec un coup de désespoir qui monte quand je réfléchis à mon mémoire qui n'avance pas. Comme je me vois (très) mal repartir sur un autre master, ne parlons pas d'une thèse, j'ai candidaté pour la classe préparatoire au concours externe de conservateur du patrimoine de l'Ecole du Louvre -vas-y, respire maintenant ! L'oral d'admission s'est déroulé hier, plutôt bien de mon point de vue, j'attends la réponse dans la semaine prochaine. Vous pouvez tous, ô chers lecteurs, croiser les doigts pour moi hein ! Des bisous à ceux que je connais (les autres ça ferait bizarre, je suis sûre que vous comprendrez) si je suis prise !

 

Je rempile donc pour au moins un an dans notre belle capitale. Monsieur Ju, lui, est reparti ce matin (vous vous rappelez de la fin du deuxième paragraphe ?) à Arles, et ce pour plus d'un an. Alors non, nous ne sommes pas séparés, loin de là. Après avoir vécu un an dans deux pays différents, ce serait un peu con de laisser 800 kilomètres nous faire chier à ce point ! Ce sera simplement difficile de concilier emploi du temps de prépa + éventuel stage pour moi avec horaires de boulot + prix des billets de train pour lui. Dans une vie idyllique, délestée des tarifs exorbitants de la SCNF, on pourrait se voir toutes les semaines... sauf que ça va être sans doute plus coton en vrai de vrai.

 

Ajoutez à tout ça un (grand) appartement quasi vide, avec tout plein d'objets qui fleurent bon le Ju (au sens figuré, hein, il lave ses vêtements et de temps en temps on fait le ménage) et qui me rappellent pleiiiin de trucs -mélo bonjour, ouvrez les fontaines, tralala youpi. J'ai réemménagé dans le même appart', donc, et j'aurai à le partager, à partir de septembre, avec une coloc -dans l'absolu ça va, c'est juste que c'est notre cocon, notre chez-nous, ça va faire drôle de voir quelqu'un d'autre que lui évoluer dedans !

 

J'en suis donc à la phase : je cherche des trucs pour mon mémoire qui ne me servent à rien, je suis toute seule abandonnée comme un vieux sac, j'aime pas cuisiner pour moi toute seule, je ne sais pas si je suis prise dans cette foutue prépa et je ne sais pas non plus qui partagera mes pénates l'année prochaine. Vivement dans trois semaines, que je rentre me ressourcer dans mon vignoble natal !

 

(Lu comme ça, cet article fait très déprimé. Dans la vie réelle je mange ma compote rhubarbe-cannelle-gingembre qui est une tuerie, je glande sur internet, je harcèle le monsieur au téléphone alors qu'il est parti depuis quelques heures seulement et j'arrange ma nouvelle chambre-bureau. Tout va bien :)]

 

Bonus-track: une sélection de photos d'Espagne, quand il faisait beau et chaud (ou moins) !

 

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A peine arrivées, première rencontre avec la Grande Mosquée de Cordoue !

 

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35°C, je ne sais pas vous mais moi ça me laisse rêveuse... et nostalgique des jardins de l'Alcazar.

 

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L'Alhambra de Grenade : dieu était un architecte. Si tu m'entends, dude, tu peux me construire

une maison quand tu veux.

 

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Quand des Irlandaises gaelic-speaking rencontrent Iron Man, ça donne

une bonne tranche de rigolade dans un bazar andalou !

 

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La cathédrale de Grenade, qu'on sait pas trop pourquoi les guides touristiques ne l'aiment pas :

c'est une vraie merveille...

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